Benjamin Besnard – Psychologue

La communication : comprendre, améliorer et transformer ses relations

La communication est un processus fondamental qui permet l’échange d’informations, d’idées, de sentiments et de messages entre des individus ou des groupes. Elle peut être verbale, non verbale, écrite ou visuelle. La communication est au cœur de toutes nos relations : personnelles, amoureuses, familiales et professionnelles. Pourtant, elle est aussi l’une des principales sources de conflits, de malentendus et de souffrance.

 

Bien communiquer ne consiste pas seulement à parler, mais à se comprendre mutuellement, à exprimer ses besoins, et à écouter réellement l’autre.

 

Dans cet article, je vous propose de mieux comprendre ce qu’est la communication, pourquoi elle dysfonctionne souvent, et comment l’améliorer au quotidien.

1. Qu’est-ce que la communication ?

La communication orale entre deux individus ne se limite pas aux mots. Elle comprend :

– le verbal (ce que je dis),

– le non-verbal (posture, regard, ton de la voix),

– le para-verbal (rythme, volume, intonation),

– et le contexte émotionnel dans lequel le message est transmis.

Deux personnes peuvent utiliser les mêmes mots mais transmettre des messages très différents selon leurs émotions, leurs intentions et leur histoire personnelle.

Communiquer, ce n’est pas seulement émettre un message, c’est surtout être compris comme on le souhaite.

Une communication efficace repose sur plusieurs éléments clés : l’émetteur, le message, le canal, le récepteur et le feedback. L’émetteur transmet le message à travers un canal choisi (par exemple, la parole, le texte, ou un support visuel), et le récepteur reçoit et interprète ce message. Le feedback permet de vérifier la compréhension et d’ajuster la communication si nécessaire.

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La communication peut être formelle ou informelle. La communication formelle suit des règles et des structures précises, souvent dans un cadre professionnel ou institutionnel, tandis que la communication informelle est plus spontanée et détendue.

La communication non verbale joue un rôle majeur dans nos échanges, souvent de manière inconsciente, que ce soit au niveau de la transmission des émotions et du renforcement du message verbal. Bien souvent, elle transmet davantage d’informations que les mots eux-mêmes. Un silence, un soupir ou un regard détourné peuvent exprimer une émotion, une tension ou un malaise, parfois malgré nous. Lorsque le verbal et le non verbal ne sont pas cohérents, c’est généralement le non verbal qui est perçu comme le plus authentique. Apprendre à repérer ces signaux permet de mieux comprendre l’autre, mais aussi de prendre conscience de ce que l’on communique involontairement dans nos relations personnelles, de couple ou professionnelles.

2. Pourquoi la communication est-elle si souvent source de conflits ?

Plusieurs mécanismes expliquent les difficultés de communication :

– Les filtres personnels : Nous ne percevons jamais la réalité de manière neutre. Nos paroles et nos interprétations sont influencées par : notre histoire, nos expériences passées, nos blessures émotionnelles,nos croyances (sur nous, les autres, le monde).

 

Ainsi, un même message peut être vécu comme une critique, un rejet ou une agression, selon le vécu de chacun.

– Les émotions non exprimées : Lorsque les émotions ne sont pas identifiées ou exprimées (peur, colère, tristesse, frustration), elles ressortent souvent de manière indirecte : reproches, ironie, agressivité, silence ou évitement.

 

Ce n’est alors plus le fond du message qui est entendu, mais la charge émotionnelle qu’il transporte.

 Les attentes implicites : Nous attendons souvent de l’autre qu’il comprenne sans qu’on explique, devine nos besoins, réagisse comme nous l’aurions fait.

Or, ce qui n’est pas exprimé clairement ne peut pas être entendu clairement.

Les grands pièges de la communication

Certaines habitudes nuisent fortement à la qualité des échanges :

– parler à la place de l’autre (« tu es toujours… », « tu ne fais jamais… »),

– généraliser ou exagérer,

– interpréter les intentions sans vérifier,

– se défendre au lieu d’écouter,

– chercher à avoir raison plutôt qu’à comprendre.

Ces mécanismes installent rapidement un rapport de force plutôt qu’un dialogue.

3. Les bases d’une bonne communication

– Apprendre à s’écouter soi-même

 

Une communication juste commence par une bonne connaissance de soi :

– Qu’est-ce que je ressens ?

– De quoi ai-je besoin ?

– Qu’est-ce qui est important pour moi dans cette situation ?

 

 

Identifier ses émotions et ses besoins permet de s’exprimer de manière plus claire et plus apaisée.

– Parler à la première personne du singulier

Exprimer son vécu personnel permet de communiquer sans placer l’autre en position de défense. La plupart des reproches sont formulées à la seconde personne du singulier (« tu »), ce qui peut être perçu comme une accusation et pousse souvent l’interlocuteur à se justifier ou à se défendre plutôt qu’à chercher à comprendre le message.

Parler en « je » permet de se centrer sur ce que l’on ressent et vit personnellement, sans juger ni attaquer l’autre.
Par exemple, « Tu ne m’écoutes jamais » peut être reformulé en « Je me sens mis de côté quand je n’ai pas l’impression d’être écouté ». Cette manière de s’exprimer favorise un dialogue plus apaisé et plus constructif.

– Écouter réellement l’autre

Écouter ne signifie pas préparer sa réponse, se justifier, contredire immédiatement l’autre. Une écoute réelle implique de mettre de côté, pour un moment, son propre point de vue afin de se rendre pleinement disponible à celui de l’interlocuteur.

Écouter, c’est :

– accueillir le point de vue de l’autre,

– chercher à comprendre son ressenti,

– accepter que son vécu puisse être différent du sien.

L’être humain peut facilement se focaliser sur sa propre idée au point d’interrompre mentalement l’autre ou de ne plus entendre la fin de son propos. Dans l’idéal, il est préférable d’attendre que l’interlocuteur ait terminé d’exprimer sa pensée avant de commencer à formuler sa réponse. Cette attitude favorise une communication plus respectueuse et une meilleure compréhension mutuelle.

4. Situations où la communication est particulière à gérer

Communication et relations de couple

 

Dans le couple, la communication est souvent chargée émotionnellement. Les conflits répétés cachent fréquemment : des besoins affectifs non satisfaits, des peurs (abandon, rejet, perte), des schémas relationnels issus de l’enfance.

 

Travailler la communication permet : de sortir des disputes répétitives, de rétablir un dialogue sécurisant, de retrouver une relation plus authentique.

Communication et monde professionnel

 

Au travail, une communication inefficace peut entraîner : stress, incompréhensions, conflits, perte de confiance ou de motivation.

 

Savoir communiquer permet de : poser des limites, exprimer ses besoins, gérer les désaccords, améliorer la coopération et le bien-être au travail.

En conclusion

La communication est bien plus qu’un simple échange de mots. Elle reflète notre rapport à nous-même et aux autres.

Améliorer sa communication, c’est améliorer la qualité de ses relations, mais aussi son bien-être personnel.

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